Raymond Poïvet

Dessinateur et auteur de bandes dessinées. Né au Cateau le 17 juin 1910Mort à Nogent-le-Rotrou le 29 août 1999

 

 

Raymond Poïvet

 

Poïvet Poïvet  Dessinateur et auteur

de bandes dessinées

 

Né au Cateau le 17 juin 1910

Mort à Nogent-le-Rotrou le 29 août 1999

 

Raymond Poïvet exerce d’abord ses talents de dessinateur dans divers domaines avant d’aborder la bande dessinée en 1941. En 1945, il entre aux Éditions Vaillant : il y restera jusqu’en 1973. Sa série Les Pionniers de l’Espérance introduit la B.D. de science-fiction en France. À la fin de sa vie, après avoir influencé de nombreux jeunes auteurs, il se consacre à des œuvres plus personnelles et obtient une reconnaissance tardive.


 

LA CARRIÈRE

 

 


       Né au Cateau, Raymond Poïvet n’y a pas gardé d’attaches. Après une formation à l’École des Beaux-Arts de Paris, il commence une carrière de dessinateur en 1938 : publicité, décoration, revues féminines.image003 image003  

 

En 1945, il entre aux Éditions Vaillant (proches du Parti Communiste), et commence une longue collaboration avec le scénariste Roger Lécureux. La série Les Pionniers de l’Espérance paraît dans Vaillant de 1945 à 1953, puis de 1957 à 1963 et se poursuit de 1965 à 1973 dans Pif Gadget.

À cette date, la série est interrompue et Raymond Poïvet, pourtant au sommet de son art, est remercié sans ménagement.

Celui que les jeunes qui l’admirent appellent affectueusement le Maître continue à dessiner des œuvres plus personnelles, explorant de nouvelles techniques jusqu’à la fin de sa vie.

 

L’ARTISTE

 

Raymond Poïvet est un extraordinaire dessinateur maîtrisant parfaitement son art grâce à sa formation de peintre, à ses multiples activités dans le dessin commercial et à sa passion pour le cinéma.


Son dessin se caractérise par une grande énergie alliée à un coup de pinceau délicat, ainsi image010 image010  qu’une maîtrise parfaite de la perspective (multiplication des points de vue et angles inédits).

Il témoigne de beaucoup d’ouverture d’esprit en partageant ses connaissances avec de nombreux jeunes auteurs (comme Robert Gigi) dans un atelier commun situé 63 rue des Pyramides, à Paris.

Il n’hésite pas à expérimenter de nouvelles techniques, substituant par exemple le feutre et le stylo à l’encre de Chine et créant des dessins plus personnels comme des figures féminines mythologiques à la fin de sa vie. Il dessine sans relâche jusqu’à la mort à l’âge de 89 ans.



LES PIONNIERS DE L’ESPÉRANCE

 

 

Cette série parue en planches à suivre, puis en récits de 12 pages dans les magazines Vaillant et Pif, a été réalisée en collaboration avec le scénariste Roger Lécureux.image011 image011  

Cette première série de science-fiction française se démarque de la B.D. américaine et de ses supers héros en mettant en scène une équipe d’astronautes de 6 personnages (puis de 4 : le Français Tangha, l’Américaine Maud, la Chinoise Tsin-Lu et le Soviétique Rodion) au service de la paix, utilisant l’intelligence et l’entraide plutôt que la force brute.

Connue des bédéphiles, l’œuvre de Raymond Poïvet reste ignorée du grand public. La plupart de ses œuvres sont introuvables aujourd’hui.

Les Pionniers de l’Espérance, qui explorent tous les thèmes de la science-fiction de l’époque, ont été réédités par les Éditions Futuropolis, puis Soleil, en albums.   

 

 

Un « graphomane »

 

 

Parallèlement aux « Pionniers », il crée d’autres séries : Mark Reynes (1946-1949), Colonel X (1947-1949, dans Coq Hardi), Tumak, fils de la jungle (1948), Guy Lebleu (dans Pilote entre 1961 et 1967 sur scénario de Jean-Michel Charlier).


Il dessine également des récits policiers à épisodes, comme Mam’zelle Minouche pour des magazines.image014 image014  

Après l’arrêt des « Pionniers », Raymond Poïvet produit des albums plus personnels : la série Tiriel (avec Jean-Pierre Dionnet au scénario), Opus 4, L’Échiquier cubique, œuvres oniriques explorant de nouvelles voies et reflétant une vision plus pessimiste de l’existence.

Parallèlement, il poursuit une œuvre alimentaire d’excellente qualité en dessinant des bandes dessinées historiques pour Larousse.

À la fin de sa vie, il produit de très beaux dessins fantastiques, laissant libre cours à son imagination pour des variations autour d’une figure féminine mythologique.

Une reconnaissance tardive lui est accordée lors du salon d’Angoulême de 1990 où il obtient un prix pour l’ensemble de son œuvre.

 


 

Une œuvre inachevée

 

Au  moment de sa disparition, Raymond Poïvet était encore en pleine création. Une œuvre importante, Faust, est restée dans les cartons d’archives, recueillis par son fils Dominique.


Ces archives ont permis le montage d’une exposition en hommage, présentée dans trois villes du Nord en 2005.

« …C’était un homme très pudique, qui n’aimait pas parler de certaines choses intimes. Il préférait ne rien dire. Il était plutôt pessimiste, ou disons désabusé. Mais il dessinait tout le temps, partout. Il n’y avait jamais le moindre papier de libre dans la maison, il était capable de dessiner sur n’importe quoi. Jusqu’au dernier jour, à l’hôpital, il dessinait. La dernière chose qu’il m’ait demandée avant de mourir, c’est un crayon et un calepin, pour dessiner. »                                         Dominique Poïvet

 

 

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Texte : Christiane Bouvart - 2005